La station d'épuration des Brévières

Fonctionnement de la nouvelle station d'épuration des Brévières

Généralement les stations d’épurations souffrent d’une mauvaise image auprès des habitants, à tort sans doute, puisque cet investissement de 26 millions d’euros hors taxes (18 millions HT pour la seule usine de traitement auxquels il convient d’ajouter 8 millions HT pour les réseaux et le bassin tampon) contribue à améliorer notre qualité de vie et permet de réduire notre impact sur l’environnement. La réputation n’a plus lieu d’être aujourd’hui; les technologies ont énormément évolué pour le traitement de l’eau, de l’air vicié et des boues.

En revanche, les nouvelles installations sont encore plus énergivores qu’auparavant.
Pour minimiser les dépenses énergétiques induites par le traitement de l’eau, la commune a opté pour des choix très vertueux pour minimiser l’impact écologique :
- Avec un dénivelé d’environ 550m entre Tignes le Lac et le point bas aux Brévières, il était tout à fait opportun de mettre en place un transfert des eaux usées par une conduite forcée. Cette installation permet de turbiner les eaux usées et nous affranchit d’un poste de relèvement pour l’ensemble des hameaux de la commune.
- Les réseaux d’assainissement de Tignes sont relativement courts. Les eaux usées conservent ainsi leur "chaleur" jusqu’à l’entrée de la station d’épuration. Une pompe à chaleur sera installée sur les eaux traitées afin de récupérer les calories restantes et chauffer ainsi les bâtiments d’exploitation. Cet équipement permettra également de rééquilibrer la température des eaux traitées avant leur rejet vers le milieu naturel.

Alors que le bâtiment atteint son élévation maximum, il est encore temps de découvrir chaque étape des unités de traitement des eaux qui se décompose de la façon suivante :
- Le prétraitement des éléments grossiers
- Le traitement primaire des particules en suspension
- Le traitement biologique (pollution «dissoute»)
- Le traitement des boues


Prétraitement
L’épuration des eaux usées débute par l’élimination des éléments grossiers tels que le papier toilette, les lingettes, les sables et les huiles. Cette étape est rélisée par le dégrillage et le dessablage/déshuilage.
Traitement des particules en suspension
Un traitement physico-chimique va permettre l’épuration des particules en suspension présentes dans l’eau. Une injection de réactifs chimiques va faire grossir ces particules pour les faire décanter au fond du bassin.
Actuellement le traitement des eaux usées de Tignes s’arrête à cette étape de traitement physico-chimique. Elle est suivie d’un traitement des boues par centrifugation.

Le traitement biologique
6 cellules de biofiltration peuvent être activées en fonction du volume d’eau à traiter. Cette étape met en œuvre plusieurs types de bactéries qui ont pour rôle d’absorber une partie de la pollution dissoute encore présente dans les eaux.

Le traitement des boues
En traitant la pollution dissoute, les bactéries prospèrent en nombre. Ce développement bactérien massif  engendre la formation de boues d’épuration qui viennent s’ajouter à celles issues du traitement primaire.
Le traitement des boues liquides passe par une action mécanique dans le but d’extraire un maximum d’eau.
L’étape finale de la transformation des boues est réalisée sur un site de compostage agréé pour hygiéniser les produits de traitement des eaux. Une partie de ce compost servira à amender les sols, lors des reprofilages de pistes par exemple.

Bassin biologique

Vue aérienne en août 2020

Début des travaux au début de l'automne 2019

 

Entrée en service et visite du bassin tampon

Construit à l’entrée de Tignes le Lac au cours de l’été 2019, le bâtiment abrite un bassin qui collecte toutes les eaux usées, depuis le Val Claret jusqu’au Lavachet. Visite guidée de cet élément placé en tête de pont du futur réseau de traitement des eaux usées, entré en service au début de l’hiver, en compagnie de Baptiste VUILLAUME, responsable du service Assainissement.
Le bâtiment se décompose en deux parties : le bassin tampon, réservoir de stockage des eaux usées d’une capacité de 1 200 m3, enterré, surmonté d’un local technique. Le bassin de stockage permet d’écrêter les différents débits de pointe observés à certains moments de la journée (en fonction de l’activité humaine : douche, vaisselle, plonge des restaurants...). Ces pics impactent le traitement global de la station d’épuration. Le bassin va jouer le rôle de tampon, stocker les gros débits pour les restituer pendant les périodes creuses de la journée pour un traitement plus performant. Pendant les intersaisons, la capacité de stockage permet de stopper les effluents en entrée de station pendant une journée, le temps de réaliser les interventions de maintenance annuelles.
Lorsque la nouvelle station d’épuration entrera en service, il garantira un débit quasi constant pour une production électrique constante ; l’énergie électrique restituée comblera la consommation électrique de l’installation (autoconsommation). Baptiste VUILLAUME précise, «garantir un débit constant sur la journée nous a permis de dimensionner la future station d’épuration sur un débit constant et non pas sur une pointe. Nous devons être en mesure de traiter nos pointes. Si nous avions dû dimensionner la nouvelle station d’épuration sur nos débits de pointe nous aurions dû prévoir des bassins de traitement plus importants».
Les eaux usées ne subissent ici aucun traitement en dehors du dégrillage, une opération qui consiste à piéger les éléments grossiers apportés par les réseaux d’assainissement : du papier toilette, des lingettes, des tampons ou des serviettes hygiéniques... Toutes les particules grossières de 6 mm ou plus, sont captées par un appareil qui sert de «filtre», puis compactées et lavées avant d’être mises en benne. «Ce prétraitement a un intérêt pour la situation future, car la turbine ne tolère pas d’éléments grossiers qui pourraient boucher les injecteurs, d’où l’importance d’avoir un dégrillage performant et très fin. Jusqu’à présent nous  observions beaucoup de matières organiques au cours de cette opération car les réseaux d’assainissement sont très courts. La matière organique n’avait pas le temps de se dissoudre et se mélangeait avec les reflux de dégrillage. Nous ne savions pas trop comment traiter ce mélange hormis par enfouissement. À présent notre traitement est plus vertueux. Le compactage permet d’assécher le plus possible ces déchets. Ces refus plus secs sont ensuite incinérés» poursuit Baptiste VUILLAUME.
Située en tête du réseau d’assainissement, l’installation prendra tout son sens avec la mise en service de la nouvelle station d’épuration des Brévières, construite logiquement à l’extrémité et au point le plus bas du territoire communal. D’ici là, d’importants travaux de génie civil sont encore nécessaires.
Par ailleurs, la mise en fonction de la centrale hydroélectrique placée en bordure du ruisseau des Combes entraine quelques modifications sur la station d’épuration de Tignes le Lac. La prise d’eau de la conduite forcée, placée en amont de la station d’épuration, limite le débit du ruisseau des Combes à 10% de sa valeur nominale. Pour éviter de rejeter les eaux usées traitées dans ce cours d’eau réduit, Tignénergies a investi dans une installation temporaire de réinjection des eaux traitées dans la conduite forcée pendant 2 ans, jusqu’à l’arrêt définitif de la station d’épuration du Lac.

Local technique

Pilotage par automates du débit de sortie

Dégrilleur

Le chantier débute par la construction du bassin tampon

Les travaux se décomposent de la façon suivante :
- la construction d'un bassin tampon de 1 300m3, à proximité immédiate de l’actuelle station d’épuration du Lac, associé à une installation de pompage des effluents du Lavachet.
- L'enfouissement d'une conduite forcée reliant le bassin tampon à la future station d’épuration des Brévières.
Une première tranche de travaux est réalisée en automne 2019, à l’aval des Boisses, sur la RD 87B (route des Ruines).
- La construction de station d’épuration, située aux Brévières.
Les travaux de terrassement et de confortement de terrain débutent en septembre 2019.

Fin 2018 le projet est arrêté

Le projet retenu entre dans sa phase de réalisation avec les principes suivants :

- La création d’un bassin tampon de 1 200m3 en sortie de Tignes le Lac qui permettra de lisser les apports hydrauliques et d’optimiser ainsi les dimensionnements des installations de turbinage et d’épuration. Un poste de refoulement lui permettra de recevoir les effluents du Lavachet.
- La création d’une conduite forcée de 300 mm de diamètre entre Tignes le Lac et les Brévières, en empruntant au maximum les voiries (RD87A) et les zones déjà empruntées par d’autres réseaux (neige de culture) ou pistes de ski.
- La localisation de la station légèrement à l’aval du barrage EDF des Brévières dans lequel seront restituées les eaux traitées.
Les effluents des Boisses et des Brévières rejoindront la station moyennant une petite installation de relevage.
Le turbinage des eaux usées se fera avant les unités de traitement. Le retour sur investissement de cette possibilité de production électrique est estimé à moins de 10 ans.
Le dimensionnement de l’ouvrage est prévu pour une charge nominale de 50 000 EH (équivalent habitants), comprenant le raccordement futur des hameaux de la rive droite de l’Isère.

Un projet imposé

La saturation en capacité et la vétusté des deux stations d’épuration de Tignes le Lac et des Brévières, conduisant à de nombreux constats de non conformité, ont poussé la commune à réfléchir à leur remplacement.
Par un arrêté du 5 juillet 2016, la Direction Départementale des Territoires (DDT) a mis la commune en demeure de mettre en conformité son système d’assainissement des eaux usées au plus tard le 30 novembre 2021. Cette exigences est assortie d’étapes intermédiaires :
    - Choix définitif au plus tard le 30 novembre 2016
    - Dépôt du dossier d’autorisation : 31 décembre 2017
    - Démarrage des travaux au premier semestre 2019.

Une étude prospective de faisabilité a permis de retenir la solution d’une station unique aux Brévières, validée lors du Conseil municipal du 21 décembre 2016.